
Des centaines de jeunes de Bukavu participent au Projet Kizazi Cha Amani porté par International Alert et Pole Institute avec le financement de l’Union Européenne. Kizazi cha Amani ou encore “Génération Paix pour le Grands Lacs vise à renforcer l’autonomisation inclusive des jeunes, filles et garçons dans la région des Grands-Lacs pour qu’ils deviennent des acteurs de paix résilients et engagés, en amplifiant leur voix et leur capacité d’action, en développant leurs compétences en réseautage, médiation et plaidoyer afin qu’ils contribuent de manière durable à la paix et à la cohésion sociale en RDC et au Rwanda.
L’agenda de Paix qui vient d’être adopté constitue un outil de plaidoyer pour les jeunes envie de leur contribution dans la construction de la paix.
Il s’agit des jeunes membres des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et des structures formelles et informelles réunis dans le cadre du projet Kizazi Cha Amani qui viennent d’élaborer ce document pris comme leur feuille de route pour la paix.
En plus de l’agenda, un Manifeste de paix a été élaboré lors des assises de six jours de travaux organisés du 4 au 6 juin puis du 8 au 10 juin 2026 à Bukavu. Ces documents sont destinés à renforcer leur participation aux efforts de consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs.

Pour tout expliquer, ces document s’inspirent des résultats d’une Recherche-Action Participative (RAP) menée par les jeunes du Forum Inter-réseaux des Jeunes pour la Paix, site de Bukavu. Cette étude s’est intéressée aux perceptions des jeunes sur les questions de paix, aux défis auxquels ils sont confrontés ainsi qu’à leur vision de l’avenir de la région des Grands Lacs.
Réalisée pendant sept jours à travers des enquêtes de terrain, des entretiens individuels, des discussions de groupe et une analyse des données collectées. Cet exercice qui a démontré la capacité des jeunes à produire eux-mêmes des évidences utiles à la consolidation de la paix. La recherche a ciblé des jeunes de différentes catégories, âgés de 18 à 35 ans.
Les résultats ont servi de base aux réflexions ayant conduit à l’identification de cinq axes prioritaires d’intervention : La cohésion sociale et le vivre-ensemble ; les dynamiques transfrontalières ; la gouvernance participative ; la sécurité ; l’entrepreneuriat des jeunes.
L’étude révèle que malgré leur volonté de contribuer à la paix, les jeunes se heurtent encore à de nombreux obstacles qui limitent leur participation aux processus de paix au sein des communautés et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Les échanges ont également permis aux participants de proposer plusieurs pistes de solutions pour renforcer leur implication.
Pour Daniel Ntibonera, l’un des facilitateurs de la recherche, indique que cette recherche a permis d’avoir un perçu des jeunes sur les questions lie à la paix.
« Il était question de présenter les résultats aux jeunes afin qu’ils puissent les valider. Ce que j’ai constaté au cours de cette recherche, c’est que les jeunes s’intéressent aux questions de paix et développent de nombreuses initiatives et innovations qui restent souvent inexploitées. Cette recherche vient changer certaines approches dans le cadre de la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs et particulièrement dans notre province »,
a-t-il expliqué.
Plusieurs participants ont exprimé leur satisfaction quant à l’approche du projet qui place les jeunes au cœur des actions de paix dans une région déchirée par des conflits depuis des décenies.

Membre du Forum Inter-réseaux et représentant du consortium Medias for Peace, regroupant des médias et journalistes engagés dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, Mitterrand Rukozo a salué l’intégration du rôle des médias dans la mise en œuvre de l’agenda adopté.
« Les jeunes ont été placés face à leurs responsabilités. Nous avons constaté que les jeunes de la région des Grands Lacs sont les premiers ambassadeurs de la paix et qu’ils ont encore le pouvoir de changer les choses. Avec ce projet et l’implication des médias, nous avons l’espoir que cela contribuera efficacement à la paix dans notre région », a-t-il déclaré.
Même satisfaction chez Carine Munyerenkana, qui estime que l’exercice a renforcé son engagement personnel. « L’élaboration de ce document m’a rappelé et motivée davantage quant au rôle que je suis appelée à jouer dans la promotion de la paix. À travers cette recherche, nous avons abouti à un agenda de paix et à un manifeste qui nous permettront de continuer à unir nos efforts », a-t-elle affirmé.
De son côté, Sylvie Bafunyembaka a rendu hommage au projet Kizazi Cha Amani, convaincue que cette initiative contribuera à renforcer la cohésion et la collaboration entre les jeunes.
« Nous venions de prendre connaissance des résultats de la recherche. Cela nous a permis de les analyser et de formuler des recommandations concrètes ».
Pour Hypocrate Marume, jeune acteur de la société civile, les jeunes doivent refuser toute instrumentalisation. « Nous pensons que les jeunes ne doivent pas être des instruments de haine ni utiliser les réseaux sociaux de manière négative. Les différentes séances de travail nous ont permis de réfléchir à notre responsabilité dans la construction de la paix », a-t-il souligné.
Quant à Arnold Kiumbe, du mouvement citoyen LUCHA, il considère que cet atelier a posé les bases d’une nouvelle génération de jeunes engagés pour la paix.
« Ces trois jours nous ont permis de définir les priorités pour la paix dans la région des Grands Lacs. Nous avons compris que si les jeunes ne s’impliquent pas, la paix risque de demeurer une utopie. L’agenda adopté sera un élément déclencheur pour bâtir une région plus pacifique. Il nous unira autour des idéaux de paix et du dialogue social, tout en permettant aux jeunes de mener eux-mêmes des actions de plaidoyer en faveur de la paix et du développement ».
À l’issue des travaux, une équipe de jeunes a été mise en place pour porter le plaidoyer contenu dans l’Agenda des jeunes pour la paix aux niveaux national et régional, avec l’ambition de faire entendre la voix de la jeunesse dans les initiatives de paix et de développement de la région des Grands Lacs.
Avec RCCKI KILIBA_FM.