
Après avoir tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de vie indignes dans le camp de déplacés de Mukongola, l’association est passée à l’action ce dimanche 5 juillet en distribuant des kits d’hygiène et de première nécessité à 60 femmes et jeunes filles particulièrement vulnérables.
Situé dans le village de Bukanga, en chefferie de Buloho (territoire de Kalehe), le camp de Mukongola abrite des centaines de personnes déplacées internes qui vivent dans un dénuement quasi-total depuis plusieurs mois. Face à cette urgence silencieuse, le Club des Filles Reporters (CFR RDC) a organisé une distribution ciblée ce week-end.

60 bénéficiaires, des besoins ciblés
Parmi les bénéficiaires de cette première assistance figurent 45 jeunes filles, 5 femmes récemment accouchées et 10 femmes âgées, considérées comme les plus exposées au sein du camp. Chacune a reçu un kit d’hygiène complet comprenant du savon de toilette, du savon de lessive, des brosses à dents, des sous-vêtements, des seaux et des bandes hygiéniques réutilisables.
Mais l’attention s’est portée plus particulièrement sur les jeunes mères. Les cinq femmes ayant accouché récemment ont bénéficié d’un appui renforcé : 3 couvertures pour bébé, un bassin, dix bandes hygiéniques, une barre de savon, mais aussi une bâche de 4 mètres sur 5 pour améliorer leur abri précaire. À cela s’ajoutaient 2 poissons salés et un paquet de sel de 50 grammes par bénéficiaire, pour apporter un complément alimentaire essentiel.
« Un vrai soulagement »
Les visages émues et les remerciements chaleureux des bénéficiaires en disent long sur l’impact de cette action. « Depuis notre arrivée ici, nous n’avions reçu aucune aide. Ces kits nous redonnent un peu de dignité », a confié l’une des femmes présentes. Beaucoup ont salué l’initiative comme une bouffée d’air dans un quotidien marqué par l’absence totale d’assistance humanitaire.
« Les besoins restent colossaux »
Pour Simon Mihona, coordinateur du Club des Filles Reporters, cette distribution n’est qu’une goutte d’eau face à l’océan de détresse qui submerge le territoire de Kalehe. « De nombreuses autres femmes, filles, enfants et personnes vulnérables vivent dans des camps ou chez des familles d’accueil sans aucune aide. Nos moyens sont limités, mais nous restons mobilisés », a-t-il rappelé.
L’organisation, qui œuvre pour la santé sexuelle et reproductive, la dignité des femmes et la protection des personnes vulnérables au Sud-Kivu, lance un appel pressant aux autorités, aux partenaires techniques et financiers, aux ONG humanitaires et à toute personne de bonne volonté.
Un appel à la solidarité collective
« Les besoins sont largement supérieurs aux ressources disponibles », insiste le CFR RDC, qui appelle à un renforcement urgent des actions d’assistance dans la région. Alors que la crise humanitaire s’aggrave à Kalehe, chaque geste compte pour éviter une catastrophe sanitaire et sociale.
Conclut Simon Mihona.
avec Gédéon Maele de RCBu