Que visent ces manifestations “Banyamulenge” financées et orchestrées à l’étranger ?

Par William Muyuku
Toronto | 18 mai 2026
 

Les manifestations des communautés dites Banyamulenge et Tutsi congolaises, qui se sont déroulées à Washington, Nairobi puis Bruxelles, ne sont pas de simples défilés de solidarité. Elles forment une opération politique coordonnée visant à affaiblir le président Tshisekedi et à freiner ses avancées diplomatiques en matière de guerre à l’Est.

TSHISEKEDI, LES BANYAMULENGE ET LA DÉFENSE DE TOUS LES CONGOLAIS

Contrairement à la propagande de Kigali, Tshisekedi pose clairement que les Banyamulenge sont des Congolais à part entière. Lors de sa conférence de presse du 6 mai 2026, il a affirmé :

« Les Banyamoulengues sont nos compatriotes congolais. Je ne tolérerai pas qu’il y ait de la discrimination sous cette communauté. Je la défendrai comme je défendrai toutes les communautés de la République démocratique du Congo, de la même manière. »

Il a rappelé qu’il compte des Banyamulenge dans son cabinet, preuve de leur intégration au pouvoir exécutif, et non de leur statut de minorité sous protection. Pour Tshisekedi, la guerre à l’Est est une guerre imposée, instrumentalisant des tensions communautaires pour justifier la présence de Kigali et de ses supplétifs. Il martèle qu’il se battra jusqu’à sa dernière énergie pour permettre aux Congolais de vivre en paix, sans haine identitaire, car, dit‑il, cela n’a pas été la réalité de la RDC de son enfance.

DES MANIFESTATIONS PILOTÉES PAR CEUX QUI ONT TOUT À PERDRE

Ces manifestations ne sont pas spontanées. Elles répondent à une logique stratégique : entretenir la narration d’un “génocide Banyamulenge” pour affaiblir la position de Kinshasa auprès des capitales occidentales.
Plus Tshisekedi avance sur le plan diplomatique, plus il devient intenable pour Kigali de laisser la guerre à l’Est s’éteindre sans pouvoir continuer à justifier sa présence militaire dans la région. Les manifestations de Washington, Nairobi et Bruxelles servent donc à rappeler à l’Occident que Kigali “contrôle” toujours le discours sur la sécurité, et que sa sortie de scène ne se fera pas sans contrepartie politique.

QUI SONT VRAIMENT CES MANIFESTANTS ?

Les images de Washington, Nairobi et Bruxelles montrent des pancartes sur “le génocide des Banyamulenge”, des scènes de pleurs, des enfants brandis devant les caméras. Derrière ces mises en scène, plusieurs témoignages circulant sur Facebook indiquent que des trajets terrestres et aériens ont été payés, et que certains participants auraient reçu, selon ces récits, une compensation de plusieurs centaines de dollars chacun.
Un article publié sur Facebook met en avant un coiffeur rwandais de Matonge, à Bruxelles, présenté comme devenant soudain “Munyamulenge dans la marche de la RDC, sans gêne ni honte”. Ce type de métamorphose identitaire révèle une vérité politique : la majorité des manifestants ne fait pas partie de la communauté Banyamulenge au sens historique et territorial du terme. Beaucoup sont des Rwandais, des pro‑Kigali ou des “proxy” de la diaspora, qui s’habillent et se présentent comme Banyamulenge pour maximiser l’impact émotionnel auprès des gouvernements occidentaux.

LES VRAIS BANYAMULENGE DÉNONCENT LES “PROXIES DE KIGALI”

Pendant que ces mises en scène se déroulent à l’étranger, les vrais Banyamulenge se déplacent eux‑mêmes, à Uvira, Kinshasa et Bujumbura, pour affirmer leur identité congolaise et dissocier leur combat de la cause de Kigali. La Banyamulenge Global Advocacy a salué l’implication du Burundi et la coopération avec Kinshasa, rappelant que cette alliance a permis de détruire des bases de milices armées par le Rwanda et de protéger leurs communautés.
Selon eux, certains groupes proches de la dictature rwandaise servent de “proxies” pour justifier de nouvelles interventions militaires ou le contrôle de zones stratégiques au Congo.

LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE N’EST PAS DUPE

Les services de sécurité occidentaux connaissent bien les techniques de manipulation : les réseaux parallèles, les financements déguisés, les “comités de crise” communautaires transformés en outils de mobilisation politique. Les manifestations de Washington, Nairobi et Bruxelles sont lues dans ce contexte : ce ne sont pas nécessairement les Congolais qui parlent, mais ceux qui veulent que la RDC continue d’être lue à travers la lorgnette de Kigali.
Les pleurs, les pancartes et les apparitions médiatiques n’effacent pas la lecture de fond : la guerre à l’Est est avant tout une affaire de ressources, de contrôle territorial et de sécurisation régionale, pas seulement une “tragédie ethnique”.

DÉMASQUER LES “SOI‑DISANT” BANYAMULENGE

À force de vouloir se présenter en victimes permanentes et d’accuser toujours les autres, on finit par perdre l’amour des gens. Comme le rappelle Pie Tshibanda, perdre l’amour des gens est plus grave que perdre des biens matériels. C’est une leçon que certains devraient méditer avant de continuer à se laisser instrumentaliser. Les manifestations de Bruxelles, Washington et Nairobi, loin de susciter la compassion, révèlent une improvisation politique et une fragilité de récit. Si certains Tutsi congolais persistaient à se ranger derrière les Rwandais et à servir de façade à des intérêts étrangers, ils risqueraient, à terme, non seulement de perdre leur crédibilité, mais aussi le soutien de ceux qui, un jour, les ont défendus.
——————

William Muyuku,
Journaliste indépendant, manager d’AfriCanada Steam & UviraOnline
| Nous suivre dans d’autres plateformes
press@africanadastream.com