
Dans une déclaration percutante publiée le 21 mars 2026, le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege a vivement réagi aux démissions de Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo. Pour le Dr Mukwege, ce qui choque profondément dans ces départs, c’est le fait d’avoir osé s’opposer à un éventuel projet de changement de la Constitution porté par les courtisans du régime en place.
Il rappelle que ces deux responsables ont simplement exercé leur fonction de représentation du peuple, dont la volonté souveraine doit guider l’action des élus.
L’analyse de Denis Mukwege souligne une dérive inquiétante où les rôles démocratiques sont inversés : au lieu que les représentants du peuple contrôlent l’action présidentielle, c’est le Président qui sanctionne les députés dissidents en utilisant ses partisans au Parlement. Il déplore l’humiliation publique de ces leaders politiques qui, après leur opposition, se sont rabaissés en implorant la grâce présidentielle et en clamant leur loyauté absolue, une attitude qui, selon lui, tue la démocratie.
S’appuyant sur la sagesse ancestrale et des adages en mashi et kiyombe, le Prix Nobel exhorte les élus à retrouver leur dignité, affirmant qu’un bon citoyen peut mourir mais ne doit pas « pourrir » par la lâcheté. Il souligne que toute tyrannie se nourrit de l’unanimité et qu’une seule voix dissonante suffit à briser cet enchantement pour faire renaître l’espoir du peuple. Il fustige l’hypocrisie de nombreux parlementaires soumis au « diktat de la mangeoire » alors que le pays traverse une période de guerre.
En conclusion, Denis Mukwege lance un avertissement direct au Chef de l’État, l’invitant à ne pas suivre les « tambourinaires » qui agissent par pur intérêt personnel. Il rappelle que ces mêmes acteurs seront les premiers à le trahir, comme ils l’ont fait avec les autorités morales des régimes précédents. Il appelle enfin chaque citoyen à écouter sa conscience et à lever le front, conformément à l’hymne national, car la liberté est à ce prix.
TM