Magloire Paluku : La mort d’un traître qui réveille le patriotisme Congolais

Par William Muyuku

La fin tragique de Magloire Paluku, abattu le 10 décembre 2025 à Goma, dépasse le simple fait divers . Pour cet ancien journaliste emblématique de Radio Kivu 1, devenu porte-voix de la rébellion de l’AFC/M23, la sentence est tombée non pas des tribunaux de la République qui l’avaient pourtant condamné à mort par contumace en juillet 2024, mais de ses propres alliés de circonstance. Sa disparition brutale agit aujourd’hui comme un révélateur des fractures internes de l’AFC et, paradoxalement, comme un catalyseur du patriotisme congolais.

Le salaire de la trahison

La mort de Paluku a semé le chaos et la méfiance au sein des rangs rebelles. L’Alliance Fleuve Congo (AFC), cette coalition hétéroclite, se fissure sous le poids des suspicions. D’un côté, une lutte d’influence ouverte oppose désormais les camps de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa. De l’autre, la colère gronde au sein de la communauté Nande, dont Paluku était issu.

Pour étouffer ce début de soulèvement tribal, l’armée rwandaise et ses supplétifs tentent une manœuvre politique grossière : offrir le poste de vice-gouverneur à un autre Nande de Lubero ou Butembo. Une tentative désespérée de “consolation” pilotée, selon plusieurs sources, par Manzi Ngarambe Willy. Ce Canadien naturalisé dont la famille se trouve à Ottawa, actuel vice-gouverneur de fait et véritable administrateur de l’occupation pour le compte de Kigali, serait au cœur de l’élimination de Paluku.

La constante Kagame : servir et mourir

Le sort de Magloire Paluku illustre une réalité historique implacable : on ne pactise pas impunément avec le régime de Paul Kagame. L’histoire de la région des Grands Lacs est jonchée de cadavres de ceux qui ont cru pouvoir utiliser le Rwanda comme marchepied vers le pouvoir.

L’exemple le plus criant demeure celui de Laurent-Désiré Kabila. Porté au pouvoir par l’AFDL avec le soutien de Kigali, Mzee a payé de sa vie sa tentative de s’émanciper de la tutelle rwandaise et de se détourner des intérêts des Tutsi du “Power”. Le schéma est immuable : le Rwanda utilise des proxies congolais pour infiltrer et déstabiliser, puis les élimine dès qu’ils deviennent encombrants ou qu’ils manifestent des velléités d’autonomie. Paluku n’est qu’un nom de plus sur une liste déjà longue de collaborateurs jetables.

Le compte à rebours a commencé

Aujourd’hui, une prise de conscience s’opère. Les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, témoins de ces purges internes, rejettent l’instrumentalisation. Ce rejet nourrit un sursaut patriotique : le refus de voir le destin du Congo dicté par des agendas étrangers.

Pour les membres restants de l’AFC/M23 qui se disent encore “Congolais”, la mort de leur collègue n’est pas un avertissement, c’est une prophétie. Dans ce système où la traîtrise est le mode de recrutement et l’élimination le mode de gestion des ressources humaines, la question n’est plus de savoir qui sera le prochain sur la liste des sacrifiés, mais quand l’ordre viendra de Kigali.
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Par William Muyuku
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