Uvira : retrait simulé et pillages, le RIPD alerte sur un plan de violences planifiées

Uvira, 20 décembre 2025. Les habitants de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, vivent dans la peur depuis le départ annoncé des troupes rwandaises affiliées au mouvement Alliance Fleuve Congo (AFC). Selon un communiqué du Réseau des intellectuels pour la paix et le développement (RIPD), ce retrait, annoncé le 16 décembre, aurait servi de couverture à un vaste pillage et à des actes de déstabilisation dans la cité et son territoire.
Le document signé par le Dr Mbirize Matongo Jérémie, coordinateur du RIPD, dénonce « un pillage systématique des biens » par les unités rwandaises avant leur prétendu retrait. Des véhicules auraient été emmenés vers le Rwanda, tandis que des meubles, stocks commerciaux et équipements industriels auraient été vendus sur place ou démontés. Les infrastructures sanitaires n’auraient pas échappé à ces vandalisations.

« Ces actes d’une lâcheté extrême mettent à genoux l’économie locale d’une population déjà fragilisée par la pauvreté et les sempiternels massacres », écrit le Dr Mbirize Matongo.

Le communiqué affirme en outre que ces troupes demeurent présentes dans les collines autour d’Uvira, notamment à Kigongo et dans la plaine de la Ruzizi. Depuis le 18 décembre, des hommes lourdement armés portant des uniformes noirs semblables à ceux de la police rwandaise auraient été aperçus à plusieurs postes clés : la frontière de Kavimvira, le port de Kalundu et la mairie d’Uvira.

Le RIPD met également en garde contre un plan visant à forcer la population à participer à une marche dite « pacifique », sous menace de représailles. Selon le communiqué, un échec de cette mobilisation pourrait servir de prétexte à des violences contre les civils pour justifier le retour des troupes de l’AFC dans la ville.

Ces allégations surviennent dans un climat marqué par des affrontements récurrents entre les forces congolaises et les rebelles du M23/AFC dans l’est du pays. Aucun commentaire officiel n’a encore été publié par les autorités militaires ni par les responsables du mouvement incriminé.


William Muyuku
press@africanadastream.com