Ouganda : L’alerte M23 annonce-t-elle un cauchemar comme celui de la RDC ?

Par William Muyuku
Toronto | 09 Février 2026

Je suis William Muyuku, journaliste indépendant et analyste des conflits en RDC. Pourquoi regarder l’Ouganda aujourd’hui ? À cause d’une phrase de Frank Gashumba, un leader “Banyarwanda” en Ouganda, qui devrait glacer le sang de tout patriote ougandais. Une phrase dont nous, Congolais, connaissons trop bien la suite.

La menace directe – M23 et balkanisation
Frank Gashumba

Allons droit au but. Frustré par la non-reconnaissance de sa communauté, Frank Gashumba a lâché cette bombe :

“Si ça continue comme ça, croyez-moi, nous allons droit au désastre. Au-delà de la Cour constitutionnelle, nous avons une autre option. Si cette affaire des Banyarwanda n’est pas résolue, croyez-moi, préparez-vous pour le M23 en Ouganda.”

​Vous avez bien entendu ? “Préparez-vous au M23 en Ouganda”.
Pour les Ougandais qui l’ignoraient, le M23 n’est pas une simple rébellion. C’est une machine de guerre soutenue par le Rwanda, synonyme de massacres et d’occupation illégale à l’Est du Congo. C’est un outil de terreur.

Plus grave encore, Gashumba a évoqué l’idée de “repartir au Rwanda avec leurs terres”. Vous reconnaissez ce discours ? C’est le scénario exact de la balkanisation qui a échoué au Congo face à la résistance populaire. Voyant cet échec chez nous, cette déclaration suggère qu’ils tentent désormais de déplacer ce projet d’annexion de terres vers l’Ouganda.

Le facteur temps – On ne triche pas avec l’âge

Pourquoi cette urgence maintenant ? Parce que la fin du règne approche.
Le président Museveni s’est maintenu au pouvoir pendant des décennies grâce à des élections souvent jugées truquées. Il a su vaincre l’opposition politique, mais il affronte désormais un adversaire qu’on ne peut ni tromper ni emprisonner : l’âge.
C’est un facteur auquel personne n’échappe. On peut truquer les urnes, pas la biologie. Il lui reste un, peut-être deux mandats, pas plus. Tant qu’il est là, leur protection est assurée car il est l’un des leurs. Mais son départ inéluctable marque la fin de l’impunité. C’est la panique à bord.

Le vide du pouvoir

L’incertitude de la succession amplifie cette panique. Son fils, Muhoozi Kainerugaba, montre une incapacité politique notoire. Difficile de voir en lui un protecteur durable. De l’autre côté, l’opposition avec Bobi Wine reste une inconnue. Si le pouvoir passe à la majorité nationale, cette communauté craint de devoir rendre des comptes. Ce vide politique les pousse à passer en force maintenant, quitte à menacer le pays d’une guerre civile.

La stratégie du caméléon

Leur stratégie de survie est la même partout : l’adaptation opportuniste.
– En RDC, pour réclamer des terres, ils sont devenus Banyamulenge.
​- Au Rwanda, ils sont tutsis.
– En Ouganda, ils jonglent entre Banyankole, Bahima et Banyarwanda.
C’est la même matrice : quand l’hôte devient hostile, on change d’étiquette, on se pose en victime, puis on sort la carte de la rébellion armée. C’est le scénario congolais qui se prépare chez vous.

Je m’adresse aux Ougandais : Ne prenez pas les propos de Gashumba pour des paroles en l’air. Ce qui commence par des revendications administratives et finit par des menaces de “M23” et d’annexion de terres, c’est le début du cycle infernal qui a détruit l’Est du Congo. Vous êtes prévenus. Restez vigilants, l’histoire risque de se répéter sous vos yeux.

Très chers Ougandais, c’était William Muyuku. À très bientôt.
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William Muyuku 
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