Par William Muyuku
UviraOnline | 28 Janvier 2026
Ma récente publication affirmant que Joseph Kabila est bel et bien décédé a déclenché une avalanche de réactions. Sur Facebook, le débat fait rage : certains crient à la “fake news”, d’autres confirment avoir reçu des informations similaires évoquant une “frappe aérienne”, tandis que beaucoup restent dans l’attente, perdus entre démentis partisans et silence officiel.
Ce chaos informationnel est révélateur. Il prouve une chose : personne ne sait vraiment où il est, et cette absence anormale alimente le feu.
Pourquoi cacher la mort d’un “Rais” ?

Il est crucial de comprendre que la mort d’une figure de cette envergure n’est jamais une simple affaire de famille. C’est un dossier d’État, voire de sécurité régionale. L’histoire nous montre que le délai entre le décès réel et l’annonce officielle répond souvent à trois impératifs stratégiques :
1. Verrouiller la succession politique et militaire : Avant d’annoncer la fin, l’entourage (PPRD, FCC, alliés militaires) doit s’accorder sur le nouveau leadership pour éviter l’implosion ou la guerre des chefs.
2. Prévenir le chaos sécuritaire : L’annonce brutale de la mort d’un ancien président, surtout dans le contexte actuel de guerre à l’Est, pourrait servir de détonateur à des soulèvements ou des offensives ennemies.
3. Sécuriser les avoirs et l’immunité : La famille biologique et politique a besoin de ce “temps mort” pour mettre à l’abri des actifs financiers et négocier des garanties de sécurité avec le pouvoir en place ou les partenaires étrangers.
L’Histoire se répète : ils ont menti avant
À ceux qui jurent aujourd’hui “qu’on ne peut pas cacher une telle chose“, l’histoire récente apporte un démenti cinglant :
John Magufuli (Tanzanie, 2021) : Pendant plus de deux semaines, le pouvoir a nié l’évidence, arrêtant même ceux qui parlaient de sa santé. Il aura fallu 18 jours de “disparition” pour que la mort soit enfin avouée.
Islam Karimov (Ouzbékistan, 2016) : Alors que les médias russes annonçaient sa mort, l’État s’obstinait à parler d’un “état critique” pour gagner du temps. Une semaine de mensonge d’État pour préparer la transition.
Le Mollah Omar (Afghanistan) : Le record absolu. Sa mort a été cachée pendant… deux ans ! Des communiqués ont continué à être signés en son nom pour maintenir l’illusion de l’unité.
Kabila : vers un triste record ?
Joseph Kabila serait décédé le 14 janvier 2026. Nous sommes aujourd’hui le 28 janvier. Cela fait 14 jours. Quatorze jours de vide, de spéculations et de démentis mous qui ne convainquent personne. Son cas rattrape déjà celui de Magufuli.
La règle est simple : un homme vivant se montre, surtout quand la rumeur de sa mort menace la stabilité de ses partisans. S’il est en vie, qu’il apparaisse. Une simple photo datée, une vidéo, un appel public suffirait. Mais rien.
Dès qu’il fera son apparition, si cela arrive, nous serons les premiers à vous l’annoncer avec la même honnêteté. Mais pour l’heure, chaque heure de silence supplémentaire est une confirmation tacite que la page est tournée.
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William Muyuku
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