Est-ce que Marcellin Cishambo serait mort dans l’attaque du convoi M23/AFC à Runingu ? (Mise à jour le 27 Janvier)

Par William Muyuku
Toronto | 14 Janvier 2026

Uvira, Sud-Kivu: Une question lourde de conséquences circule dans la plaine de la Ruzizi : l’ancien gouverneur du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo, est-il toujours en vie ? Depuis l’attaque d’un convoi dans lequel il aurait été, survenue le vendredi 9 janvier 2026 à Runingu, le silence est total. Si aucune preuve formelle n’a été présentée, le nettoyage méticuleux de la scène du crime par le RDF laisse craindre une élimination interne, méthode devenue signature de Kigali face à ses collaborateurs encombrants.

Le piège de Kiliba

L’incident trouve sa source lors d’une réunion stratégique tenue le 9 janvier 2026 à Kiliba. L’état-major M23/AFC-RDF y planifiait une offensive sur Kigongo pour récupérer Makobola. Des sources rapportent une vive altercation : le commandement rwandais (RDF) aurait ordonné que l’assaut soit mené exclusivement par des unités congolaises. Marcelin Cishambo s’y serait fermement opposé, exigeant une opération conjointe et refusant que ses compatriotes servent seuls de “chair à canon”. Ce refus catégorique aurait scellé son sort.

L’embuscade de Mikamba : une signature rwandaise ?

Le cortège, repartant vers Bukavu après cet échec, a été attaqué à Mikamba (Runingu) à une vingtaine de kilomètres d’Uvira. Un témoin oculaire livre un récit qui contredit la thèse d’une attaque des Wazalendo : « Après l’attaque, les gens du M23 sont venus demander des bêches, ont embarqué les cadavres, nettoyé le lieu en effaçant toutes les preuves et sont partis enterrer les morts vers la sucrerie de Kiliba. J’ai compté 23 véhicules ».
​Ce nettoyage est un aveu. Si l’attaque avait été l’œuvre des Wazalendo, le M23/RDF aurait lancé des représailles ou ouvert une enquête. Ici, l’objectif était de faire disparaître les traces. La population locale en conclut que Cishambo a été liquidé par ses propres “alliés”.

Le spectre de Magloire Paluku et la résistance de Fizi

Ce scénario rappelle étrangement la fin de Magloire Paluku, éliminé à Goma en décembre 2025 pour avoir contesté les ordres de Kigali. La colère gronde désormais chez les combattants congolais du M23 qui réalisent la supercherie : « Pourquoi c’est juste nous qui sommes envoyés au front, alors que les Rwandais prennent les postes une fois la ville prise ? ».
​Kigali semble aussi oublier que le Sud-Kivu n’est pas un terrain conquis. Comme le rappellent les Wazalendo : « On peut entrer à Uvira et Fizi, mais en sortir vivant n’est pas chose facile ». L’histoire de la résistance Maï-Maï contre le RCD prouve que cette zone a toujours été le tombeau des envahisseurs.

“Ne jamais trahir le Congo”

Tant que Marcellin Cishambo ne se manifeste pas pour prouver qu’il est en vie, l’hypothèse de sa mort restera confirmée. Pour ceux qui collaborent encore avec le M23/AFC, le sort de Cishambo et les membres de son cortège résonne comme un avertissement brutal. Ils feraient bien de méditer la phrase de Mzee Laurent-Désiré Kabila : « Ne jamais trahir le Congo ». Pour Kigali, un traître congolais reste un outil jetable.

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Par William Muyuku
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Mise à Jour, 27 Janvier 2026

Marcellin Cishambo est vivant : La vérité rétablie

Par William Muyuku

La question posée le 14 janvier a sa réponse définitive : Marcellin Cishambo est vivant. L’ancien gouverneur du Sud-Kivu nous a contactés personnellement ce lundi pour confirmer qu’il est en vie, démentant les rumeurs nées de l’attaque du convoi à Runingu.
La méthode : provoquer la vérité

L’usage du conditionnel dans notre titre (“Est-ce que…”) répond à une technique journalistique précise. Face à une rumeur persistante d’intérêt public, le silence n’est pas une option. Poser la question publiquement est un levier pour forcer la vérité à émerger. C’est le principe du traitement conditionnel de l’information : nous avons ouvert l’espace pour une clarification officielle. L’objectif est atteint : le doute a laissé place aux faits.

L’erreur est humaine, la prudence est professionnelle

Certains critiques pourraient pointer du doigt le relais de cette rumeur. Il est bon de leur rappeler que l’information en zone de conflit est un terrain miné où même les géants mondiaux trébuchent, souvent en affirmant le faux là où nous avons choisi de questionner.
L’AFP (2015) : L’agence mondiale a annoncé à tort la mort de l’industriel Martin Bouygues, une erreur reprise instantanément par la presse internationale.
RFI (2020) : La radio a publié par erreur les nécrologies de dizaines de personnalités vivantes, dont la Reine Elizabeth II et Pelé.
​Contrairement à ces cas, nous avons opté pour la rigueur du doute.

Nous remercions M. Cishambo de nous avoir contactés directement. Cette démarche de clarification témoigne d’une humilité et d’une grandeur d’esprit que nous saluons. La rumeur est close.