Justin Bitakwira: Memo adressé au chef de l’Etat à l’occasion des consultations en vue d’un dialogue

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

 OPPOSITION CITOYENNE

MEMO ADRESSE AU CHEF DE L’ETAT A L’OCCASION DES CONSULTATIONS EN VUE D’UN DIALOGUE

Juin 2015

  1. Bitakwira Justin-UviraOnline3Création de l’Opposition Citoyenne

Lors de la victoire des FARDC avec l’appui de la Brigade d’intervention de la Monusco sur le M 23, nous avons pris notre courage au micro de l’Assemblée Nationale pour féliciter le Premier Citoyen de la République, les Forces Armées contre la volonté du parti et d’une bonne frange de l’opposition alors que pour nous l’intérêt du pays prime avant toute autre chose.

Cela a fait partie des raisons de ma démission au poste du Président du groupe parlementaire Unc et Alliés au mois de mai 2014.

Lors du débat sur la loi électorale, « article 8 controversé », pendant que l’opposition se démenait à siffler et à empêcher le débat, encore une foi, nous nous sommes levés pour donner notre position constructive.

Jusqu’à ce jour, nous considérons qu’en démocratie ce sont les idées qui doivent primer ainsi que la défense des intérêts de la nation.

Chaque opposition doit alors se définir : soit elle est dans le radicalisme soit dans l’opposition constructive. Voilà pourquoi nous avions pris l’option de créer un courant démocratique au sein de notre opposition.

Il se nomme Opposition Citoyenne « O.C. » en sigle.

Chacun des membres Députés est autonome à l’égard de son parti. Car il ne s’agit d’un quelconque débouchage.

L’Opposition Citoyenne est donc un courant politique de l’opposition qui met l’intérêt de la Nation au-delà de tout. Qui sait distinguer le bien pour son pays et l’encourager et s’opposer contre le mal à l’égard de sa patrie.

Elle regroupe des Députés de l’opposition qui finiront par se le réclamer d’ici la sortie officielle pour des raisons évidentes, des personnalités politiques, des hommes, des femmes et des jeunes qui ont la foi dans l’avenir de ce pays. 

  1. Bitakwira Justin-UviraOnline2La nécessité du dialogue

La République Démocratique du Congo a une histoire politique riche dans son existence liée au dialogue. Depuis la table ronde de Bruxelles en 1959 en passant par Luluabourg, Tananarive, la CNS, Lusaka, Gaberone, Sun-City jusqu’aux derrières concertations de 2013, les grands problèmes de notre pays se résolvent toujours par le dialogue.

Voilà pourquoi nous, Opposition Citoyenne encourageons toute la classe politique R.D.Congolaise à se rencontrer une fois de plus pour chercher un consensus au tour de tout ce qui nous divise et surtout la sécurisation de notre pays. La nation et le peuple seront les plus grands gagnants.

Bien que tard, ces consultations peuvent nous aider à franchir une étape charnière de notre histoire. Et nous faire respecter à travers le monde, au lieu de suivre la voie du Burkina-Faso ou du Burundi.

Pour l’Opposition Citoyenne, nous sommes convaincus que tout régime africain, à cette période précise, qui ne recourra pas au consensus national, plongera son pays dans le chao.

En Afrique nous avons la culture de nous présenter avec l’aiguille quand il y a crise pour coudre ce qui est déchiré, et non les machettes ou les fusils. Pour nous le dialogue est la seule aiguille qui peut nous permettre de coudre ou rassembler les morceaux.

Ce dialogue est donc à encourager pour que les élections à venir se passent dans un climat apaisé et qu’elles soient les plus transparentes possible et non un genre de tombola comme cela a été le cas en 2011.

L’opportunité de ce dialogue est donc impérieuse par ce que le chemin devant nous est plein d’épines et des ronces.

Ceux qui n’ont pas un troisième œil, ou un thermomètre patriotique ne peuvent le voir de loin, autant que nous.

  1. Justin-Bitakwira opposition citoyenneQuelles seraient les termes de référence de ce dialogue ?

Le dialogue que nous encourageons fortement devrait être organisé au tour de thèmes suivants :

  • La sécurité : c’est-à-dire, élaborer des stratégies qui permettront à la République de mettre définitivement fin au cycle de violence qui sévit à l’Est de la République, voici plusieurs années.

Pour ce cas, nous sommes disposés à apporter notre contribution à cet effet à Uvira et à Fizi.

  • L’organisation des élections apaisées et transparentes : trouver un consensus autour du calendrier électoral global pouvant permettre à chaque acteur politique de participer aux différentes échéances électorales sans frustration ni crainte.
  • Scrutin à deux tours : nous devons nous mettre d’accord sur la réintégration du scrutin à deux tours, seul gage de l’équilibre socio-politique.
  • Le porte-parole de l’opposition : ici on s’attardera à déterminer et à résoudre les causes qui ont fait à ce que cette structure reconnue par la Constitution ne soit pas mise en place jusqu’à ce jour.

Pourtant, un autre pilier important pour notre démocratie.

Sans oublier aussi le financement des partis politiques représentés au parlement.

  • Découpage territorial : chercher de voies plus adaptées pouvant permettre la mise en place des nouvelles provinces sans que celle-ci se transforme en une nouvelle source de crise.

A ce là nous pouvons ajouter les problématiques liées à la gestion orthodoxe des affaires publiques, la redistribution du revenu nationale et la bonne marche de la justice, des services de sécurité, de l’armée et de la police nationale ainsi que l’encadrement de nos compatriotes expulsés par les pays voisins ou de l’extérieur en général, seule manière de valoriser l’image du pays et de ses citoyens.

Pour rendre ce dialogue plus inclusif et éviter à ce que les uns trouvent un prétexte de non-participation, nous suggérons au Chef de l’Etat de prendre certaines mesures pouvant décrisper la situation politique dans le pays.   Nous pensons à titre exemplatif aux mesures suivantes:

  • La libération des prisonniers politique et d’opinion,
  • L’ouverture des médias réputés proche de l’opposition,
  • L’engagement du respect de délai constitutionnel pour l’organisation des élections législatives et présidentiel.

A ce prix, nous inviterons chaque opérateur politique à s’approprier ce dialogue.

  1. Bitakwira Justin-UviraOnline1Qui seraient les participants

Pas les petits « ligablo » d’associations qui se réveillent dans les radios et autres médias quand ils entendent parler du dialogue ou des concertations alors que sur terrain, elles ne représentent pas grand-chose.

Il y a des leaders d’opinion, politiques ou sociaux plus concernés par ce dialogue à travers le pays que les « ligablo » cité ci-haut.

A notre sens, nous pensons qu’il faut les repérer à travers le pays pour les associer à ce dialogue.

  1. La durée pourrait être de 15 jours au plus.

 

Fait à Kinshasa, le 05 juin 2015
Pour l’Opposition Citoyenne
Hon. BITAKWIRA BIHONA-HAYI Justin
Coordonnateur

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