7 raisons pour lesquelles les Noirs aimaient Fidel Castro

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Fidel Castro, père de la Révolution et à la tête du régime cubain pendant près 50 ans, est mort vendredi 25 Novembre, à l’âge de 90 ans. Malgré les préjugés raciaux, la discrimination raciale palpable à Cuba, le « Lider Maximo » et le peuple cubain ont souvent aidé les Noirs à combattre la suprématie blanche et la négrophobie.

1° L’aide de Castro aux indépendantistes angolais du MPLA

 
Cuban Prime Minister Fidel Castro, right, shows Angolan Movimento Popular de Libertação de Angola (MPLA) President Agostinho Neto how to drink a daikiri, a frozen Cuban drink made with rum, ice and sugar, during a reception in his honor in Havana, July 28, 1976. (AP Photo)
Cuban Prime Minister Fidel Castro, right, shows Angolan Movimento Popular de Libertação de Angola (MPLA) President Agostinho Neto how to drink a daikiri, a frozen Cuban drink made with rum, ice and sugar, during a reception in his honor in Havana, July 28, 1976. (AP Photo)

Dès les années 60’s, Castro soutient de façon plus ou moins discrète des mouvements de guérillas communistes en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique mais à partir du milieu des années 70’s, l’armée cubaine intervient directement dans des conflits sur la « Terre-Mère ».

La guerre d’Indépendance angolaise était une lutte pour le contrôle de l’Angola entre les mouvements de guérilla et l’autorité coloniale portugaise. En 1975 Cuba a fourni aux rebelles du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) des armes et des soldats pour combattre. L’armée cubaine se battra aux côtés du MPLA dans les grandes batailles.

En octobre 1975, l’Afrique du Sud a envahi l’Angola avec le soutien du gouvernement des États-Unispour renverser le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) aux prochaines élection du pays. En 1988, les troupes cubaines sont de nouveau intervenu et ont également convaincu l’URSS de soutenir l’offensive de l’armée populaire pour la libération de l’Angola contre l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), soutenue par l’Afrique du Sud. Cette aide militaire de Cuba à l’Angola est connue comme l’«Operación Carlota». Elle mènera au renversement de la domination de la minorité blanche en Afrique australe et à l’effondrement ultérieur du régime d’Apartheid en Afrique du Sud…

2° Le soutien de Castro dans la lutte contre l’Apartheid

Cuban President Fidel Castro, right, and African leader Nelson Mandela gesture during the celebration of the "Day of the Revolution" in Matanzas Saturday, July 27, 1991. Cubans celebrate 38th anniversary of the revolution. (AP Photo/Alejandro Balaguer)
Cuban President Fidel Castro, right, and African leader Nelson Mandela gesture during the celebration of the “Day of the Revolution” in Matanzas Saturday, July 27, 1991. Cubans celebrate 38th anniversary of the revolution. (AP Photo/Alejandro Balaguer)
Fidel Castro s’était opposé au régime négrophobe de l’Apartheid et a soutenu le Congrès national africain (ANC). Cuba fournissait, via l’Angola une base territoriale de soutien à l’aile militaire de l’ANC, exilée par le régime d’Apartheid. Le soutien de Cuba contre la politique d’Apartheid sera reconnu par Nelson Mandela dès 1990 lors de sa libération puis plus tard quand, il ira à Cuba en juillet pour remercier le régime cubain pour son aide dans la lutte contre le régime de l’Apartheid. Mandela déclara à cette occasion :
 
« Les internationalistes cubains ont fait une contribution à l’indépendance, à la liberté et à la justice en Afrique qui n’a pas d’équivalent pour les principes et le désintérêt qui les caractérisent »
 

3° La rencontre entre Fidel Castro et Malcolm X

Left to right: Fidel Castro with Malcolm X
Left to right: Fidel Castro with Malcolm X
En Septembre 1960 Fidel Castro participe à l’Assemblée générale des Nations Unies. Les tensions entre Cuba et les USA étaient déjà à leur comble. Les grands hôtels de New-York refusaient de loger la délégation cubaine. Le seul qui offrait ses services exigeait des conditions humiliantes. Castro entré à  l’improviste à l’ONU menaça de camper dans les jardins du siège de l’ONU. Aussitôt, les communautés Latino et Afro  invitèrent la délégation cubaine à loger à l’hôtel Theresa, en plein Harlem, le quartier noir de la ville. Parmi les initiateurs de cette action se trouvaient Malcolm X, alors Porte-parole national de la Nation of Islam.

Au cours de leur entrevue du 19 septembre 1960, les deux leaders échangèrent de manière fraternelle. Ils discutèrent  de  leurs visions philosophiques et politiques au sujet, notamment de  Cuba, des afro-américains, de la négrophobie ou encore de Lumumba et l’Afrique. Malcolm X à cette occasion lui déclara que :

«Tant que l’Oncle Sam est contre toi, tu sais que es tu un bon gars.»

Au cours de leur conversation, Castro fit part de son amour pour le dirigeant congolais Lumumba :

«Nous allons essayer de le défendre (Lumumba) énergiquement.»

Il affirma aussi sa fraternité avec les nations africaines :

«Il y a 14 nations africaines qui font leur entrée à l’Assemblée. Nous sommes latino-américains. Nous sommes leurs frères.»

4° L’asile politique d’Assata Shakur :

Le gouvernement cubain a payé environ 13 $ par jour pour ses frais de subsistance
Le gouvernement cubain a payé environ 13 $ par jour pour ses frais de subsistance

Fidel Castro a accordé l’amnistie à Assata Shakur, parce qu’elle s’est opposée à la négrophobie et à l’injustice aux États-Unis. Elle y est, d’ailleurs, toujours recherchée pour la mort de Werner Foerster. La tante de 2Pac fut condamnée en 1979, au cours de ce qui fut une parodie de justice. Grâce à d’anciens Black Panthers, elle réussi à s’évader de prison et à fuir pour Cuba, où elle reste protégée par le gouvernement cubain. Sa tête fut mise à pris par les USA à $1 000 000.

Pour Castro, Assata Shakur n’était pas une terroriste, mais une prisonnière politique victime de persécutions raciales :

«Ils voulaient la dépeindre comme une terroriste, quelque chose relevant de l’injustice, de la brutalité, d’un infâme mensonge.»

Fidel Castro n’a jamais cru à la version officiele des États-Unis :

« Ils l’ont toujours pourchassée, la recherchant à cause du fait qu’il y a eu un accident dans lequel un policier est mort. »

5° Le soutien de Castro à Maurice Bishop:

Le gouvernement cubain a payé environ 13 $ par jour pour ses frais de subsistance
Le gouvernement cubain a payé environ 13 $ par jour pour ses frais de subsistance

Les États-Unis ne virent pas d’un bon œil la volonté d’autodétermination de la Grenade. Comme à leur habitude, ils firent donc tout afin de renverser le Gouvernement révolutionnaire populaire de Maurice Bishop.

Lors de l’invasion de Grenade par les troupes U.S en 1983, Fidel Castro envoya des réservistes des Forces armées cubaines possédant une solide formation militaire. Cuba installe par la suite à la Grenade un contingent de militaires  ainsi que des agents de ses services de sécurité. Le total des forces Grenadiennes s’élève  alors à 1 500 soldats locaux ajouté à 700 soldats cubains.

Les envahisseurs américains durent faire face à une défense farouche, et furent contraint d’envoyer sur place deux bataillons supplémentaires. Les combats les plus sanglants furent ceux opposant les troupes cubaines et américaines. Fidel Castro ordona à ses troupes de résister coûte que coûte à l’armée de l’Oncle Sam. Ces affrontements furent les premiers combats directs entre les forces armées des deux pays.

A cette époque, Maurice Bishop leader du New Jewel Movement, était le Premier ministre du Gouvernement révolutionnaire populaire de la Grenade. Il s’était engagé dans une série de réformes d’orientation socialiste cherchant à améliorer les infrastructures sociales et économiques de son pays. Pour ce faire, il avait lancé une politique de rapprochement étroit avec le gouvernement de Cuba qui le finança et lui fournit de la main-d’oeuvre.

6° Une formation médicale gratuite pour les Noirs :

Etudiants de la Latin American School of Medicine de Cuba.
Etudiants de la Latin American School of Medicine de Cuba.

En 2000, Castro annonça qu’il offrirait une formation médicale gratuite dans laquelle seuls seraient admis les étudiants d’Amérique latine et des Caraïbes. Avec le temps, la Latin American School of Medicine de Cuba ouvrit ses portes aux candidats des zones appauvries et/ou médicalement mal desservies des communautés noires et latinos des Etats-Unis et en Afrique. La préférence est accordée aux candidats de couleur qui montrent le plus d’engagement à travailler dans leurs communautés pauvres.

Le Révérend Lucius Walker, ancien directeur exécutif de la Fondation inter-religieuse pour l’organisation communautaire, qui gérait le programme, déclara que les bourses d’étude de Castro ne seraient pas nécessaires si les écoles de médecine américaines ouvraient plus largement leurs portes aux Noirs.

« Cuba n’a pas créé la discrimination contre les Noirs [dans] les écoles de médecine américaines (…) C’est un phénomène américain. »

 7° L’envoi de personnel médical cubain aux pays pauvres:

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Fidel Castro initia « l’internationalisme médical cubain« . Ce programme, vise à envoyer du personnel médical cubain à l’étranger, en particulier vers l’Amérique latine, l’Afrique et, plus récemment, l’Océanie. Le programme débuta par l’envoi de médecins et d’infirmières lors des guerres anti-coloniales en Algérie, en Guinée-Bissau, en Angola et dans d’autres pays africains.

Cuba dépêche régulièrement une aide humanitaire dans le monde entier. Ce fut notamment le cas après l’ouragan Katrina en 2005 ou lors de du tremblement de terre en Haiti en 2010. Plus récemment, Cuba lutta contre Ebola en Afrique de l’Ouest, alors que les gouvernements occidentaux semblaient plus axés sur l’arrêt de l’épidémie à leurs frontières.


Nofi